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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 08:15

Après la journée d’hier, Anne n’a pas totalement récupéré. Nous allons donc changer de programme. Je vais me rendre seul à Sagar, qui se situe à plus de trois heures de navigation. Anne va rester à l’hôtel et se promener seule en ville…

Nous allons comme tout le monde parcourir les 5 kilomètres du canal qui relie la ville de Nyaung Shwe au lac…

Matin et soir ce canal est emprunté à la fois par les touristes qui partent vers le lac, ou rentrent à l’hôtel, mais aussi par les habitants des rives, qui viennent au marché ou à l’école, et qui rentrent le soir à la maison…

Sur le lac, la brume du matin cache encore un peu le centre d’étude écologique du lac, îlot artificiel où s’installent des chercheurs de tous les pays pour étudier l’évolution des eaux du lac…

Sur les rives, on aperçoit un des hôtels récents. C’est bien sûr un bien car il faut que le pays vive et se développe, mais c’est un risque majeur en termes de pollution…

Le bruit des moteurs, s’il semble réveiller les cormorans, ne dérange pas les pêcheurs…

On croise de grosses barques, chargées à ras bord de denrées qui partent vers le marché…

On rencontre aussi des îlots de verdures, dérivant doucement. Ce sont des morceaux de champs arrachés aux jardins flottants…

Ces jardins sont une des particularités du lac. D’étranges pêcheurs viennent arracher des algues au fond du lac, et ils les déposent en tas sur des radeaux de bambou…

Les radeaux sont fixés en place par de grandes perches de bambou qui s’enfoncent dans la vase du lac. Il ne reste plus qu’à planter des légumes qui vont s’installer sur ce terreau naturel. Les paysans installent leurs maisons sur les radeaux, au plus près de leurs champs…

Nous traversons notre premier village. Ici, tout est sur pilotis, et tout le monde, à tout âge, se déplace en barque.

La station service ne paie pas de mine, mais elle est parfaitement située pour ravitailler les bateaux…

Les maisons n’ont pas nécessairement l’eau courante. Alors pour la lessive, ou pour bien d’autres choses, on va au bord de la rivière…

Seuls les stupas sont construits sur des îlots de terre, pour en assurer la pérennité…

À la sortie du village, le canal est en partie fermé par un barrage. Il faut se souvenir que jusqu’à peu, la zone où nous pénétrons était une zone de combat ethniques, et donc interdite d’accès…

Le long du canal, les poteaux électriques n’ont rien à envier à ceux de la Vallée. Mais au moins, ici, les conditions justifient certainement leur état…

Les rives du lac sont riches en monastères et en pagodes, et nous auront l’occasion d’en visiter les prochains jours. Mais, pour aujourd’hui, cap au sud, nous ne faisons que passer…

Ce monastère semble s’être spécialisé dans l’élevage des canards. On les entend plus qu’on ne les voit…

Ici, le contraste est important entre les bâtiments du monastère, à droite de la photo, et les habitations des villageois qui subviennent à leurs besoins, à gauche…

Durant notre navigation, nous allons croiser toutes sortes d’embarcations…

Des retardataires qui se pressent pour aller au marché…

De grosses barques en cours de chargement…

Des familles en route pour la ville…

De petites barques sur lesquelles se tiennent dans un parfait équilibre, homme, femme ou enfant…

Là, un jardinier, en train de cueillir des tiges de lotus qui servirons à faire un tissus très recherché…

Nous quittons le lac au sud, et nous suivons un canal qui va nous conduire au second lac. Sur les berges on trouve de grandes bambouseraies. Les paysans qui les exploitent vivent sur place…

Nous arrivons au seul pont au sud du lac qui permet de passer d’une rive à l’autre. Nous naviguons depuis plus de deux heures et nous avons parcouru presque 30 kilomètres…

Il s’agit de deux ponts. L’ancien montre une architecture qui rappelle en plus petit un autre pont célèbre, celui de la rivière Kwaï…

Le second est beaucoup plus moderne…

Nous arrivons dans le second lac. En 1965, un barrage a été érigé pour la production de l’électricité de la région et cela a créé une deuxième étendue d’eau au sud du lac principal…

Ici, des pompes ont été installées pour l’arrosage, et cela permet aux villageois de récolter en grande quantité les légumes pour le marché.

Mais cette exploitation plus intensive conduit aussi à l’accélération de la déforestation, ce qui fragilise le versant des collines et les berges…

Sur la berge une charrette typique de la région attend d’être chargée, et un peu plus loin les bœufs attendent eux d’être attelés…

 

Nous arrivons à nous premier lieu de visite, sur la rive ouest du lac la magnifique pagode « Takhaung Mwetaw »…

Placé entre le lac et la colline, on rentre dans un espace qui compte plus de 250 stupas creux, qui entourent la pagode principale, avec le bouddha couché, et la grande pagode qui abrite une grande statue du Bouddha…

Je pourrais bien sûr m’arrêter la dans la description et dans la présentation. C’est ce que font beaucoup de visiteurs, qui traversent rapidement les lieux…
Mais, j’étais seul…
Mais, je me suis laissé bercer par le tintement léger des clochettes qui ornent toutes les ombrelles…

Alors, je me suis perdu dans cet ensemble extraordinaire de stupas, chacun offrant sur sa structure ou à l’intérieur, mille détails à découvrir…
Pour celles et ceux qui ne souhaitent pas venir se perdre avec moi dans cette promenade hors du temps, l’ascenseur est à droite. On se retrouve un peu plus bas, pour la visite du village…

Il a fallu que mon guide vienne me chercher pour que je revienne à notre balade. Je pense que sinon, j’y serais encore…

Nous partons visiter le village…

Placé au bord du lac, il profite à la fois de la richesse de la terre, enrichie à chaque crue et de la présence de l’eau. Ici, on est entouré de champs de primeurs…

Pas de doute, il y a une certaine aisance ici. Il suffit de regarder s’aligner dans les jardins les rangées de parpaings qui n’attendent plus qu’à être assemblés.

Ici, les parpaings, on ne les achète pas, on les fabrique. On a le temps de les mettre à sécher au soleil…

Le village est riche, mais ce n’est pas par hasard. Ici, tout le monde travaille. Les unes préparent de fines baguettes de bambou et l’ainée coupe avec précision des rondelles de gingembre qu’elles feront sécher…

Au milieu du village, sous un bosquet d’arbres, on retrouve l’hôtel du village. C’est ici que chaque jour ou presque les villageois viennent honorer leurs ancêtres, et prier les Nats protecteurs du village…

On retrouve un peu plus loin une superbe charrette et son attelage, qui attend sagement. Je peux admirer le détail du travail, en particulier les roues. Un regret (il en faut bien un sur tout le voyage), je n’ai pas eu l’occasion de visiter l’atelier d’un charron. Il faudra que je mette cela au programme de notre prochain voyage…

Pour finir notre tour et nous rendre à la dernière visite dans le village, nous allons suivre ce livreur…

 

Nous sommes dans une distillerie de riz. On retrouve la même technique que pour produire de l’alcool de palmier. On fait fermenter le riz dans de l’eau, dans de grandes jarres. On distille le jus fermenté, et on récupère par condensation l’alcool. Le principe est le même, mais les moyens mis en œuvre sont plus important. C’est vrai que le saké local est un produit assez recherché…

Nous quittons le village pour passer sur l’autre rive, à l’est du lac. On trouve sur le lac des îlots qui abrite des stupas en plus ou moins bon état. Ces deux villages se sont retrouvés séparés suite à la montée des eaux causée par la construction du barrage plus au sud du lac…

Nous rejoignons Sagar à travers des champs de lotus…

La différence est grande avec la pagode précédente…

Il y a ici environs 150 stupas et ils sont en pleine nature…

Pour certains, il est probable que rien ne pourra plus être fait…

D’autres peuvent probablement être sauvés et attendent un généreux donateur…

D’autres ont trouvé leur donateur, et les travaux avancent…

Et d’autres enfin, les plus chanceux ont maintenant retrouvé leur lustre d’antan…

Celui-ci grâce à la famille Kilsche de Hannovre…

Celui-là grâce à l’organisation Stiftunglife

Le travail est parfaitement réalisé, et les plus chanceux ont même retrouvé leur Bouddha d’origine…

Il existe aussi une autre catégorie, les stupas qui se sont placés sous la protection de la nature. Quoi de mieux qu’un banian pour prendre soin d’un stupa et l’aider à se maintenir bien droit…

Là encore, il faut que mon guide vienne me chercher pour qu’on reprenne le cours de la visite…

Nous allons visiter la Pagode…

Ici, l’espace est divisé en deux, au centre le temple proprement dit, avec le Bouddha, et, dans les vitrines, les différentes reliques et représentations du Bouddha récupérées dans les stupas encore en ruines, et sur le côté, la partie monastère, où vivent et étudient les moines et les novices…

Devant la pagode, on a installé un petit panneau solaire pour recharger les batteries indispensables à l’éclairage le soir. L’électricité n’arrive pas encore jusqu’ici…

Nous finissons notre tour dans le village par la visite d’une pagode dont la réhabilitation est pratiquement terminée.

Ici aussi, on a installé un panneau solaire pour que le stupa principal soit éclairé la nuit…

Cet endroit a été longtemps inaccessible, car cette pagode se situe au pied du mat de télécommunication, point hautement stratégique…

Si vous voulez connaître l’histoire de ce village, voici ce qu’en dit un panneau placé là par les services du tourisme. «
 Une ville, rien de plus ».
Et cette ville ne comptait pas moins de 9 monastères et elle compte aujourd’hui encore plus de 150 stupas...

Nous sommes, par ma faute, très en retard pour le repas. Nous allons déjeuner dans un lieu absolument charmant le ‘Little Lodge in Samkar ». Le restaurant domine un jardin aux mille fleurs…

Après le repas, il est temps de regagner le bateau pour prendre le chemin du retour. Sur les collines en face de nous, on déboise encore beaucoup. Notre voyage va nous permettre de voir encore quelques stupas isolés sur leurs îles, où la végétation gagne jour après jour. Nous repassons devant la pagode « Takhaung Mwetaw » qui se mire dans le lac. Nous traversons des « champs de Lotus »…

Nous effectuons un arrêt dans le village de Sae Khaung pour voir comment sont fabriquées les poteries artisanales et découvrir les fours traditionnels utilisés par les villageois…

La poterie, c’est aussi une spécialité de notre Vallée. Il est intéressant de regarder les différences…

Ici, pas d’électricité, alors, pas de moteur pour le tour. La potière va donc le faire tourner avec son pied…

Et, voici ce que la potière a produit, en moins de 20 minutes, tout en répondant aux questions de notre guide…

Les objets sont ensuite recouverts de ce qui donnera le vernis final. Aujourd’hui notre potière est triste. Les jeunes ne s’intéressent plus au métier, et elle est la seule, dans cette famille, à savoir broyer les pierres et préparer les poudres et les mélanges pour faire les couleurs…

Les objets mis en vente sur place sont surtout destinés aux touristes. On trouve même une crèche…

 

Nous continuons notre visite par les fours. Ici pas de gaz non plus, alors, les fours sont chauffés au bois…

Et, pour trouver les fours, inutile de lever les yeux ou de chercher un bâtiment particulier. Non, les fours sont en fait de grands trous dans un champ dont les parois sont recouvertes de terre cuite. Pour pouvoir poser les objets à cuire, ou les récupérer, on casse la porte du four et on se glisse à l’intérieur. Une fois les objets dans le four, on reconstruit l’entrée et on va faire bruler un feu à l’intérieur, jour et nuit, pendant plusieurs jours…

Les grandes jarres attendent d’être livrées pour être vendues aux marchés. Ce sont encore des objets de consommation courante…

Nous reprenons notre route. En traversant un village, on aperçoit devant chaque maison, comme des carpettes blanches en train de sécher…

Nous bateau se rapproche un peu, et je peux ainsi voir qu’il s’agit en fait de nouilles de soja qui sèchent au soleil…

C’est la fin de la journée. Ici, on lave les buffles qui ont travaillé toute la journée…

Là, une agitation devant une pagode indique que l’école est finie. Les enfants rentrent à la maison, soit en barques individuelles, soit en « bus scolaires »…

Les pécheurs à la ligne attendent que le poisson veuille bien mordre à l’appât…

Nous traversons un village de teinturiers. Les écheveaux de coton sèchent eux aussi au soleil. Toutes ces activités, agriculture, production alimentaire, pêche, teinturerie,  peuvent encore cohabiter autour du lac parce que tous utilisent des produits naturels mais pour combien de temps encore…

En remontant le lac, sur la rive est, on aperçoit la montagne en partie éventrée. Ce sont les travaux d’un complexe touriste démesuré. Ces travaux ont été arrêtés, sous les pressions locales, mais aussi centrales, afin de protéger l’écosystème du lac, protégé par l’Unesco. Souhaitons que cela dure…

Nous quittons le lac en laissant les pêcheurs sur leurs barques, comme de grands échassiers dans le soleil couchant…

Nous les retrouverons demain matin…

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commentaires

Camille 15/04/2018 10:32

C’est dimanche. Je prends le temps de revenir. Comme une envie de faire mon marché « en Birmanie ». Ce que j’ai trouvé, semblait, en première lecture, ne pas être à sa place. C’est particulier. « La Birmanie », ce n’est pas la Chine. Ils ont la patience d’étudier les détails avant de les mettre sur le marché.
Être dans une barque, tranquillement sur l’eau, pour découvrir « les racines et les ailes ».
Merci, je reviendrai.
P.S : Dans le « Blog des Omergues » il y a une école et une fenêtre ouverte

Yvon 04/05/2018 16:20

Prendre le temps... C'est aussi un beau souvenir que nous avons rapporté de Birmanie...
Il ne suffit pas de voir... On oublie souvent de regarder...
Et, pour la fenêtre des Omergues, tu noteras qu'elle te fait un sourire :-)
Bises

Camille 14/04/2018 09:24

Heureusement que ton guide était patient, nous n’aurions pas pu découvrir les détails. Je n’ai pas vu le temps passé, je prends l’ascenseur sachant que je reviendrai. Découvrir tes mots et tes photos, « un superbe voyage ».

Yvon 04/05/2018 16:16

C'est vrai qu'il faut être patient quand on part en promenade avec moi...
Mais, dans ce cas, c'était pour la bonne, cause, pour vous rapporter quelques souvenirs :-)
Bises

Quichottine 13/04/2018 15:07

Ton apn n'a pas chômé. :)
Magnifique reportage !
Anne a dû regretter de n'avoir pas pu vous accompagner. Tout est très beau.

Yvon 13/04/2018 15:21

Oui, et c'est pourquoi cette article est si complet...
Je voulais lui offrir avec un peu de retard ce qu'elle n'avait pas pu voir...
Bises

Annie 12/04/2018 11:02

Quel reportage! Bravo! Je m'y croirais... C'est vraiment un tout autre monde...

Yvon 13/04/2018 15:16

Tu as raison, c'est un autre monde...
La preuve : c'est aujourd'hui le Nouvel An en Birmanie, le "Thingyan"...
Bises

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