Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 11:27

Nous nous levons tôt pour prendre le bateau pour rejoindre Bagan. Le voyage sur le fleuve Irrawaddy va durer 10 heures. Quand nous arrivons au port, la vie s’anime sur le fleuve…

Un moment de déception, il fait nuit ou presque, il fait frais, et nous sommes un peu surpris par la taille du bateau et du confort à bord…

Certains se penchent sur ce que dit la brochure : « Durant le temps de croisière, vous aurez l’occasion de vous relaxer sur le pont ou sur de confortables sièges à l’intérieur du bateau. Des toilettes modernes sont disponibles à bord ainsi qu’un café vendant des repas, boissons et légères collations. Une fois tous les passagers montés à bord, le bateau commencera sa journée de croisière sur ce fleuve majestueux. »

Certains rêvaient de quelque chose de plus majestueux…

D’autres se souvenaient de leur croisière sur le Rhin…

Mais, pourquoi ne pas profiter de la vie telle qu’elle se présente ? Nous avons un bon moteur, qui ne nous fera pas défaut, et une fois chaudement installée au soleil levant, on oublie tout…

Et c’est parti. Chacun cherche la meilleure photo…

En passant au pied de la pagode Shwe Kyat Yat que nous avons visité hier soir, on croise le bateau qui remonte de Bagan et qui a navigué toute la nuit…

Nous en profitons pour admirer une dernière fois des pagodes des collines de Sagaing…

Et quand nous arrivons au pont de Ava, le personnel de bord nous apporte le petit déjeuner…

Nous découvrons le paysage des rives tel qu’il va se présenter sur tout le trajet. Le fleuve coule au milieu d’un plaine alluviale assez large, partant d’un côté et de l’autre, et grignotant toujours un peu plus la berge. Les habitants, des agriculteurs sont installés au plus près de la rive, pour profiter de « l’eau courante »…

Les campements de pêcheurs sont installés à même la rive. Quelques abris très rudimentaires qui ne leur servent que la nuit, pour dormir…

Nous croisons une drôle de flottille… C’est une équipe de récupération du sable. Les gros bateaux stockent et transportent le sable récolté, et les petits sont « les suceurs ». Ils se positionnent autour des gros, aspirent le sable au fond de la rivière, et le rejettent, après filtrage, vers les cales des gros…

Cette méthode a ses limites, et le fleuve reprend vite ce qu’on lui vole, au détriment des agriculteurs…

Le fleuve est large, mais les fonds sont très irréguliers. La navigation semble très complexe car il n’y pas de chenal délimité, avec des bouées. On passe d'un côté à l'autre du fleuve en suivant un courant invisible pour nous. Mais pas de soucis, hier nous nous sommes mis sous la protection du Bouddha et du Génie du fleuve...

Nous voyons des villages plus importants, qui se distinguent par un embarcadère, mais aussi la présence d’une pagode… Ici, une famille a fini sa lessive, qui va sécher au soleil…

Là, un grand embarcadère descend en pente douce vers le fleuve. On a mis dessus, quelque chose à sécher…

Il s’agit simplement de plusieurs centaines de chapeaux de paille qui seront expédiés aux marchés, vers Mandalay ou peut-être Rangoon…

On voit aussi de petits villages, juste un rassemblement de quelques maisons au bord de l’eau, avec des bateaux d’un autre âge attachés…

Je ne peux pas m’empêcher de repenser aux superbes images du film « Le Crabe Tambour », et je m’attends à entendre sonner le clairon…

Comme à la Samaritaine, on trouve de tout sur le fleuve Irrawaddy…

Des chargements de bois exotiques, certainement du teck, une des richesses du pays…

Des bambous flottant, qui descendent des montagnes…

Là, un petit remorqueur est à la peine. Il remonte le courant en trainant derrière lui un énorme chargement de fûts de carburants…

On voit aussi de petits bateaux qui emmènent un tout petit groupe de touristes en croisière…

À mi parcours notre bateau qui descend le fleuve vient se mettre à couple avec un autre bateau de la compagnie, qui lui remonte. Et, dans des conditions un peu particulières, on va échanger une partie des équipages. Cela doit certainement réduire les frais pour les armateurs, puisque ce soir, chacun pourra dormir à la maison…

Le fleuve dessine son lit au gré des pluies, et quand il commence à creuser ce qui demain sera un nouveau bras, les pécheurs en profitent. Ils le barrent sur toute la largueur pour capturer les poissons…

On croise, attaché à un banc de sable, un drôle de radeau, grand comme un terrain de foot. Il s’agit en fait d’un parc d’aquaculture. Le radeau est fait de bambous, et de futs vides comme flotteurs. Les pêcheurs vivent sur place. Cela fonctionne comme un grand vivier. Les pêcheurs apportent les poissons vivants qui sont vendus en fonction du besoin, vers les villes…

Sur les rives, la forêt fait place aux cultures. Un embarcadère permet de charger les troncs d’arbres. Il s’agit souvent de bois dont l’exploitation est maintenant réglementée, et les troncs sont identifiés individuellement. C’est aussi cela la traçabilité des ressources naturelles…

Nous arrivons à hauteur de Pakokku, et nous passons sur un des ponts les plus longs de Birmanie. Voici ce qu’en dit Wiki : « Le pont de l'Ayeyawady à Pakokku est un pont mixte route/rail qui, comme le pont de Thanlwin, possède une partie commune au-dessus du fleuve, les deux voies bifurquent de part et d'autre de l'ouvrage central. La partie routière mesure au total 4 125 mètres, la partie ferroviaire 6 278 mètres et l'ouvrage central en treillis 3 484 mètres. ».

Nous arrivons à destination. Les premiers temples se découpent sur l’horizon…

Quand nous arrivons au port, d’autres bateaux sont déjà arrivés. En fait de port, il s’agit d’une grande plage sablonneuse, qui descend en pente douce jusqu’à l’eau. Et, pour arriver à la voiture qui nous attend, il nous faut remonter la plage à pieds. Heureusement, il y a des porteurs pour les valises…

Sur la plage, une famille a fini sa lessive, et avant de repartir à la maison, c’est l’heure du bain…

En descendant du bateau, nous entendons des gens se plaindre (en français bien sûr). « C’est pas terrible, on n’a rien vu ». Mais, comment leur expliquer qu’en fait, ils n’ont rien regardé. Ils ont lu leurs guides, sur Mandalay, que nous quittions, ou sur Bagan que nous visiterons demain. Ils ont dormi. Ils ont discuté entre eux de leurs merveilleux souvenirs de Thaïlande ou des Maldives. Mais, ils n’ont pas eu la curiosité de regarder…
Alors, si vous devez faire ce genre de voyage, prenez vos dispositions. Lisez les guides avant ou après, rêvez en regardant le paysage, et surtout, tenez vous loin des autres français…

Nous arrivons à l’hôtel 12 heures après avoir quitté l’hôtel de Mandalay. Nous profitons depuis la terrasse de notre chambre de notre premier coucher de soleil sur les temples et pagodes de Bagan…

Demain, on part à la découverte…

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Voyage en Asie 25/12/2019 08:46

Si vous voyagez au Myanmar, la visite des temples est certainement une expérience indispensable. Ce beau pays est célèbre comme le pays des temples. En particulier, les temples en Birmanie ne sont pas seulement des temples bouddhistes ordinaires, mais ils sont souvent dorés et construits selon une architecture très spéciale, suscitant la curiosité de nombreux voyageurs.

Quichottine 20/03/2018 10:40

C'est un récit qui me fait découvrir un pays que je ne connais pas et où je n'irai sûrement jamais... alors, merci pour ce reportage fantastique et ces images.
Bises et douce journée.

Yvon 25/03/2018 16:12

Qui sait où nous irons les uns ou les autres...
J'espère seulement que ce récit de notre voyage donne envie à quelques-uns d'aller découvrir ce pays...
Bises

Jopi 14/03/2018 19:28

Bravo les toutous, le safari a été réussi j'espère. Certains commentaires accompagnant les photos me laissent songeur quant au sens du voyage et ne sont pas sans... relents coloniaux. La Birmanie est un pays extraordinaire qui mérite mieux qu'une visite au zoo. Et puis compte tenu des évènements dramatiques dans l'état du Rakhine avec les persécutions et fuite des Rohingas, peut-être y a-t-il mieux à faire que d'apporter sa contribution financière aux militaires sanguinaires qui dirigent de fait ce pays en empochant une grande partie de la manne financière (commissions, propriétaires de nombreuses compagnies...). Le voyage et la connaissance des autres ne se consomment pas sauf à considérer l'autre comme un produit.
Reste qu'il demeure possible de voyager en Birmanie (comme dans bien d'autres pays), en vivant avec et parmi les birmans d'une gentillesse extrême et en leur réglant directement les achats quotidiens. Fut un temps (peut-être encore ?) où le Lonely Planet sur ce pays renseignait les adresses données pour indiquer si les militaires étaient ou non aux affaires derrière celles-ci.
Les voyages sont extraordinaires à accomplir, mais s'ils se cantonnent à une simple consommation, ils deviennent d'une stupidité terrifiante.

Yvon 15/03/2018 13:48

Bonjour "Jopi", et merci de ton long commentaire...
Il mérite mieux que quelques lignes ici...
Alors, je lui ai consacré un article...
http://www.les-omergues.com/2018/03/vos-commentaies-sur-mon-blog.html
J'espère que tu viendras de toi même voir la suite de ta contribution,
et que cela te donnera envie de te dévoiler un peu...
Qui sait ?
Peut-être pourrons-nous découvrir ton Blog, sur lequel nous apprendrons en toute simplicité ce que c'est que de voyager hors d'une stupidité terrifiante...
à plus

Camille 13/03/2018 13:33

Avec un ordinateur indéfinissable (fait de vieux et de neuf) je peux revenir sur les photos. Pour mon grand bonheur.
Une lecture plus attentive a permis de rectifier ce que j’avais cru voir, la première fois.
…"Là, un grand embarcadère descend en pente douce vers le fleuve. On a mis dessus, quelque chose à sécher"…
De loin, j’avais vu des fromages. Trompée certainement par mes habitudes gourmandes.
…"Il s’agit simplement de plusieurs centaines de chapeaux de paille"…
La troisième photo est très révélatrice de ces nombreux – couvre-chefs –
Inutile de préciser que je reviendrai, c’est un plaisir, au juste moment.

Yvon 15/03/2018 13:45

Chapeau Camille,
Se refaire un ordinateur neuf avec du vieux, ce n'est pas si simple...
Et oui, des chapeaux, tout simplement :-)
Il suffit juste de regarder pour découvrir mille choses étonnantes...
Bises

Camille 08/03/2018 17:10

Obligée de m’absenter et de « descendre du bateau », momentanément. Je ne me plaindrai pas. Je sais que je vais revenir. Je suis curieuse… Et, ce voyage est « merveilleux ».
A très bientôt…
Bises

Yvon 12/03/2018 11:13

Et oui, ton ordinateur t'a abandonné et tu dois prendre tes distances
avec ce Bolg trop bavard, et trop plein de photos...
Mais je sais que tu vas vite revenir...
Bises

Edouard 08/03/2018 16:21

Superbes photos, et merci pour le récit, on a l'impression d'y être :)

L'extraction du sable, c'est terrible. Je ne savais pas que ça avait lieu en Birmanie aussi. Les conséquences ne sont vraiment pas jouasses: dérèglement en cascade des écosystèmes, nouveaux points de reproduction pour le moustiques, etc.

Un article dans Science à ce sujet (en anglais) : http://csis.msu.edu/sites/csis.msu.edu/files/Sand_Science%20Magazine_2017.pdf

Yvon 12/03/2018 11:12

Et oui, je me donne du mal, pour le choix des photos et des mots...
Mais je suis heureux que cela ait le résultat escompté : vous faire voyager...

Pour le sable, ce problème ne fait, je pense que commencer.
Pour le moment, il semble que les plages ne soient pas directement impactées, quoi que...
Merci pour le lien...
Je vais me dépêcher d'apprendre l'anglais :-)

Présentation

  • : Le blog des Omergues
  • Le blog des Omergues
  • : Pour en savoir toujours plus sur le village des Omergues, situé dans la haute vallée du Jabron
  • Contact

Vous avez la parole...

Recherche

Par la fenêtre du bureau...

Après presque trois mois de régime sec, elle est revenue...
Un petit orage hier soir, pour nous mettre dans l'ambiance, et ce matin un temps gris et humide...

Pas de doute, l'automne approche à grands pas...
Ce matin, toutes les odeurs de la nature venaient se mélanger pour notre plus grand plaisir...
Terre humide, feuilles séchées, et cette odeur de miel que développent la nature qui reprend vie...

    En cliquant ICI,

 

vous avez le diaporama des photos publiées

dans cette rubrique...

 

 

Agenda de la Vallée

Pour celles et ceux qui cherchent une informations précise,

Vous pouvez aller sur

L'agenda de la Vallée du Jabron